L'ARIPA : quoi, quand, comment, POURQUOI ! - format pdf
L'ARIPA s'est constituée en 1992, autour du peintre Jean Bazaine, à l'initiative d'un groupe d'artistes. Ceux-ci mettaient notamment en cause la restauration spectaculaire des Noces de Cana de Véronèse, en ce qu'elle portait atteinte à l'unité esthétique et à la valeur historique de ce chef-d'uvre.
Au-delà, comme peintres et comme sculpteurs, tous faisaient le même constat de dérives survenues dans les pratiques de restauration : que ce soit la radicalisation des nettoyages, les dérestaurations systématiques ou la domination d'une approche purement techniciste, incapable de saisir la cohérence artistique de l'uvre traitée.
Face à cette situation, l'association a entrepris d'être un contrepoids, en défendant des choix modérés, en demandant une redéfinition de l'éthique de la profession, en formant un groupe d'artistes et de connaisseurs capables de participer aux commissions de restauration.
L'ARIPA a également engagé un débat public sur les politiques de restauration et de muséologie. Sa revue de liaison et d'information, Nuances, dont vingt-huit numéros ont déjà paru, est adressée aux adhérents, mais aussi aux responsables culturels, marchands, collectionneurs, journalistes. Elle vise à être une source d'informations pour les médias et le public, rarement au fait de la problématique de la conservation. S'y trouvent réunis des articles rédigés par des auteurs français et étrangers, artistes, restaurateurs ou historiens de l'art. Ces textes peuvent être des analyses générales, des études critiques d'interventions, des questions ou des propositions de réformes.
Les dix-neuf premiers numéros de Nuances ont été réunis en un livre sous le titre Chronique d'un saccage La restauration en question, Editions IVREA, 1999.
Paul Philippot, qui fut à la direction de l'ICCROM (Centre international d'étude sur la conservation/restauration établi en 1959 par l'UNESCO) jusqu'en 1977, présente en 1986 la dérive de la restauration dans des termes qui ressemblent singulièrement aux nôtres :
" Observons immédiatement à cet égard que la tendance à faire du nettoyage " radical " une position de principe, si elle semble venue du monde anglo-saxon et généralement nordique, s'est peu à peu répandue sur tout le continent. Or cette expansion s'est faite, pratiquement, sans provoquer de discussion, laissant dès lors supposer qu'il ne s'agissait de rien d'autre que d'un progrès technique, conséquence d'une restauration devenue de plus en plus scientifique. " L'effet de ces nettoyages pseudo-objectifs est clairement une " altération de la construction formelle de l'image, faite de ruptures des rapports d'espace et de l'unité lumineuse. () L'exposition des peintures nettoyées de la National Gallery, au lendemain de la guerre, avait soulevé un véritable débat international, dont l'ICOM (Interntional Council of Museums, lié à l'UNESCO), en particulier, s'était fait le lieu, avec sa "Commission pour le traitement des peintures". Qui le souhaite peut retrouver, dans les publications d'alors, les arguments en présence. Aujourd'hui on est cependant frappé par une constatation : alors que le problème pratique reste entièrement ouvert, le débat méthodologique s'est complètement tu. Triomphe évident, non de la vérité, mais de l'empirisme techniciste, dont on connaît assez l'emprise sur la culture mondiale. "
Rien n'a changé depuis que Paul Philippot écrivait ces mots en 1986 et c'est pour cela que l'ARIPA existe.
Nuances est la revue de l'ARIPA. Elle est diffusée à 1500 exemplaires auprès de nos 400 adhérents, aux principaux médias, aux responsables culturels etc...
Jean bazaine, notre ami et Président d'honneur nous a quitté le 5 mars 2001
Jean Bazaine s'est éteint, doucement, comme une lumière s'éteint. Lui qui était la lumière, dans sa personne et dans son oeuvre. Sans lui, l'ARIPA n'existerait pas ; il a participé à sa création, en a été le premier président puis son président d'honneur et, même si, depuis quelques années, il ne se déplaçait plus guère, il s'est toujours tenu au courant de nos efforts, se réjouissant de nos avancées, nous encourageant et nous prodiguant ses conseils.
Il avait encore écrit pour Le Nouvel Observateur du 23 décembre 1999 qui faisait le bilan du xxe siècle un magnifique texte de combat intitulé « Massacres » (repris comme éditorial pour Nuances 23).
On trouve dans l'un de ses livres, Le Temps de la peinture, paru en 1990, de très beaux textes sur la création artistique, qui témoignent qu'un tableau est un combat dans la recherche obstinée d'un état d'équilibre et que son achèvement est un miracle. Dans Jean Bazaine, couleurs et mots, livre d'entretiens paru en 1997, il parle, entre autres, de l'évolution des couleurs dans le temps : il faut parfois des années pour qu'un tableau « se mette en place ».
Dans les toutes dernières semaines, même fatigué, il gardait l'ARIPA au centre de ses préoccupations. Au point que son épouse a souhaité que dans le message d'adieu prononcé à l'église de Clamart soit soulignée l'importance que revêtait pour lui la sauvegarde des oeuvres d'art.Christine Vermont
Le Conseil d'Administration de l'ARIPA en 2002
Au cours de la réunion du 15 février 2002, le Conseil de l'association a élu les membres de son bureau : James Bloedé est reconduit en tant que président, Marcel Siret, Jean-Max Toubeau et Jacques Bertin sont vice-présidents ; Christine Vermont reste secrétaire générale et Yves Vermont trésorier . Laurenzo Valentin, responsable des éditions Ivréa nous a rejoint.
La génèse de la création de l'ARIPA
Les signataires du patrimoine dévoyé
Si vous pensez que l'ARIPA est utile
Le texte d'appel : "le Patrimoine dévoyé"
| Les peintures et sculptures des collections publiques sont en danger |
Le problème de la restauration des peintures et sculptures des collections nationales, aussi étonnant que cela puisse paraitre, n'a pas encore fait l'objet d'un débat public à la hauteur des enjeux énormes qui sont en cause. Les budgets publics alloués à la restauration se sont dans les dernières années accrus vertigineusement et le nombre des restaurateurs au travail a été augmenté de même. Et pourtant, on n'a pas le souvenir de la grande série de colloques internationaux, de réunions, de querelles, d'échanges de thèses qui auraient dû être organisés sur un sujet aussi grave.
Ce grand débat, notre association le réclame avec insistance. L'Association pour le Respect de l'Intégrité du Patrimoine Artistique a été créée en 1992 et rassemble aujourd'hui plus de 340 membres ou sympathisants dont des personnalités éminentes, internationalement reconnues. Ce sont pour la plupart des artistes; les autres sont des amateurs d'art, des intellectuels ou des professionnels. En réalité, ils sont avant tout des citoyens.
Ceux-ci ont été, depuis quatre ans, scandaleusement ignorés par l'administration. A la création de l'association, une pétition signée par des centaines de personnalités resta sans le moindre écho. Puis, des dizaines de lettres envoyées aux responsables de cette politique -et jusqu'aux niveaux les plus élevés de l'Etat- sont restées sans réponse. Il n'y a que dans la période récente qu'on a commencé à bien vouloir nous répondre mais toujours d'un trait de plume dilatoire, un peu craintif, et un peu méprisant. Pendant ce temps des centaines d'oeuvres ont été restaurées, transformées parfois, abimées souvent dans une véritable furie de nettoyage : on prend les tableaux par dizaines pour faire une opération sans poser d'abord la seule question valable : ces oeuvres ont-elles besoin d'être restaurées? En réalité, on veut rafraichir, rénover, faire sentir qu'on est passé par là, qu'on travaille, qu'on est dynamique.
Le public ne sait rien. Le public n'a aucun moyen de savoir ni de parler. Les professionnels qui sont en désaccord craignent pour leur emploi et se taisent.
Que craignons-nous?
Pour les peintures, nous craignons les dévernissages excessifs, la destruction des glacis, le prétendu retour à l'état originel, la purification systématique des repeints, la systématisation du retour aux couleurs vives, au flambant neuf, la recherche du coup de théâtre publicitaire.
Pour les sculptures, nous craignons les opérations de violent nettoyage systématique : on enlève les patines séculaires en les qualifiant de saletés, de façon peut-être à transformer la statuaire en une collection aussi purement blanche que l'intérieur de nos anciennes églises polychromes. Malheureusement, en les nettoyant, on attaque la pierre et on détruit le relief. On peut rappeler ici la visite, le 30 janvier 1984, d'une délégation de l'académie des Beaux-arts aux antiquités grecques et romaines du Louvre, et ses conclusions qui sont à l'unisson de notre plainte.
Nous craignons donc les ravages du goût du jour. En tant qu'amateurs d'art, nous savons bien que ce goût du jour guide notre regard sans même que nous en ayons conscience. Une politique muséale visant à faire de notre pays le plus grand rendez-vous de touristes culturels du monde, ajoutée à une mutation de nos sensibilités qui nous fait aujourd'hui désirer le clair, le pimpant, le vif, le propre, et détester le sombre, le difficile,
le tragique, c'est tout cela qui nous effraie. Nous savons aussi que le pouvoir des professionnels »(conservateurs, historiens d'art et restaurateurs) s'augmente du fait même que le souci de formation aux techniques de la peinture et de la sculpture est de plus en plus méprisé dans les écoles d'art; et donc de la faiblesse de la revendication esthétique des artistes.
Et il y a enfin cette volonté d'utiliser des techniques de pointe pour trouver sous la peinture comme des vérités archéologiques, comme si on voulait réduire le chef d'oeuvre à ce qu'il n'est pas : un puzzle que la science suffirait à comprendre; le réduire par peur d'avoir affaire à ce qu'il est : un mystère de forme; l'artiste, le ramener à la raison; confondre un voyage dans les formes avec un voyage dans l'histoire, quand ce n'est pas dans l'anecdote. (Et puis toute l'histoire de l'art a été fondée sur les archives; mais maintenant que l'historien a épuisé ses ressources pour la connaissance des oeuvres, quel document plus authentique exploiter, sinon les oeuvres elles-mêmes?)
Que demande notre association?
1) L'ouverture d'un débat public international au niveau le plus élevé. La restauration pose de formidables problèmes, excitants pour l'esprit et lourds de conséquences pour le patrimoine.
Ces problèmes sont d'abord esthétiques, évidemment : qu'est-ce que l'équilibre, l'harmonie d'une forme? Un restaurateur, aussi grand technicien qu'il soit, peut-il en décider seul en se passant du regard des peintres? Nous croyons que non.
Ensuite, ces problèmes sont techniques, ce sont ceux des moyens à mettre en oeuvre -ou non. Par exemple, certains moyens détériorent définitivement les sculptures. Malheureusement ils semblent toujours employés. Nous avons eu connaissance d'une lettre de monsieur Jack Lang, qui, lorsqu'il était ministre de la culture, s'insurgea violemment contre l'emploi de certains de ces moyens par ses services, mais ce fut sans résultat!Je découvre que pour blanchir les marbres, statues et vases qui se trouvent dans les jardins de Versailles, on a utilisé un procédé de nettoyage au sable sous pression. (...) Qui a laissé faire cela? Sait-on que ce procédé est si destructeur qu'on renonce à l'utilise même sur les immeubles parisiens, et même avec du sable plus fin et sous faible pression? On a littéralement altéré ces oeuvres splendides. (...) Comment un responsable de l'Etat peut-il laisser faire cel? (...) Je veux qu'on prenne des sanctions spectaculaires! »(1)
Ces problèmes sont historiques : à quelle époque se reférer, quels repeints choisirs? etc. Quelle idée nous faisons-nous de chaque époque étudiée? Cette idée peut changer avec les connaissances nouvelles; faut-il donc effectuer des restaurations ou des dérestaurations irrémédiables? Que pensaient les artistes du passé de la restauration? etc
Ces problèmes sont politiques. Il faudrait en effet réfléchir sur la nature et l'organisation du pouvoir dans l'institution muséale et en général dans les arts plastiques. Il est étonnant que la haine de l'académisme qui a guidé notre siècle laisse aujourd'hui de telles décisions à ce qui est, somme toute, bien moins qu'une académie : une simple hiérarchie professionnelle.
Quelle place donne-t-on actuellement au mécène, quel pouvoir dans la restauration? Ne conviendrait-il pas d'oeuvrer à un code de déontologie clarifiant les rapports de l'administration et des mécènes et permettant d'éviter -autant qu'il est possible- de regrettables affaires comme il y en eut dans le passé.
Quelle place enfin donne-t-on au citoyen dans l'organisation de la politique artistique? Il semble que ce soit devenu la place du client, du consommateur. On travaille pour lui, qu'il se taise!
Ces problèmes sont philosophiques. Ils sont ceux de la vie et de la mort. Nous aimons les ruines propres, c'est-à-dire aseptiques alors que la ruine vivante meurt sans cesse. Nous voulons des oeuvres restaurées car le musée doit être un lieu d'optimisme alors qu'il devrait être un lieu de conservation et de vérité. Nous voulons conserver parce que nous avons peur de la mort, et peur du tragique... Et peur aussi sans doute de l'avenir car le passé vitrifié est un rempart contre les surprises de la vérité donc de l'imagination. Je n'aurai pas la prétention de résoudre ce problème mais je suis certain que c'est un problème fondamental dont la réponse n'est pas sans effet sur une politique du patrimoine.
Un tel débat ferait appel à toutes les formes de la pensée, de la sensibilité et de la science et apporterait un immense prestige international à l'institution qui l'organiserait. On peut s'étonner que la France n'y ait pas songé.
2) Nous demandons aussi de nouvelles procédures dans l'organisation de la restauration. Naguère, des commissions de restauration acccueillaient des artistes, mais il semble que depuis la démission de Jean Bazaine, en 1990, qui déplorait ainsi le peu de poids de son avis dans la commission où il siégeait, la tradition se soit perdue.
Nous voulons que la restauration soit basée sur le principe de modération et que la politique au niveau le plus élevé soit décidée par des instances où siègeraient des artistes tandis que des procédures obligatoires (publications avant et après, délais, recours, etc.) seraient organisées. Ce qu'on fait pour les carrefours et les routes, on doit pouvoir le faire pour les chefs d'oeuvre.
Mais les restaurateurs, en nombre sans cesse croissant et à la recherche de travail, sont aux ordres des conservateurs, eux-mêmes souvent dopés par la pression des politiques, la ferveur des mécènes, et le goût de médiatiser. Une conception du musée comme lieu dynamique, allant de l'avant, moderne, qui ne ronronnerait plus», est en train de se substituter à la conception du musée comme lieu de conservation, de recueillement, de recherche. Nous sommes devant une campagne de type idéologique : plus clair, c'est plus beau.
Devant une telle campagne, si massive et si fréquemment destructrice, les buts que nous nous sommes fixés sont modérés. Ils tiennent en des mots comme : réflexion, respect, précautions. Notre bulletin d'information s'intitule Nuances. On nous a d'abord dits passéistes, et c'était comme si d'un seul mot tout était réglé; puis on nous a trouvé mal élevés et cela devait suffire à se débarrasser de nous. On nous dit ou on nous dira incompétents. Mais cela n'empêche pas les oeuvres de s'abimer entre les mains de restaurateurs dont certains n'ont fait que quelques courtes années d'études!
Or nous ne sommes pas contre toute restauration et nous ne sommes pas des ennemis des restaurateurs ou des conservateurs ou à plus forte raison de l'institution. Nous n'avons pas d'ennemis et ne souhaitons pas la mort du pêcheur! D'autre part -mais est-il besoin de le préciser?- les membres de notre association sont de toutes les sensibilités politiques. Nous avons rencontré les représentants de toutes les grandes familles politiques du pays. Un sénateur RPR a, pour nous, posé une question écrite, et un député communiste prépare une question orale. Nous avons alerté sur le même ton Jack Lang, François Léotard, Jacques Toubon et Philippe Douste-Blazy. Ce problème, évidemment, dépasse de très loin les clivages politiques. Et pourtant c'est un problème de politique.
3) Nous souhaitons plus de nuances, moins de hâte, la multiplication des avis, une réflexion qui s'encombre de prendre du temps. C'est là toute notre arrogance!
Il faut sans attendre commencer à imaginer les procédures à mettre en oeuvre. Mais dans notre effort nous rencontrons l'opposition constante de l'administration, celle-ci n'étant nullement un arbitre entre des thèses opposant des citoyens mais le moteur d'une vaste entreprise de remise au goût du jour qui ne lui a pas été confiée par le pays et qui fait courir le plus grand risque à nos collections publiques. Que diront les générations à venir de tant de naïveté prétentieuse? Que diront-elles de ce qui déjà est un saccage?Jacques Bertin.
(1) Lettre de Jack Lang, ministre de la culture, à Michel Colardelle, directeur de la Caisse nationale des monuments historiques et sites, le 31 octobre 1989.
| Chronique de l'ARIPA |
1975. Jean Bazaine est le seul peintre nommé membre de la Commission consultative de restauration. Il en démissionne, son utilité dans ce comité lui paraissant, pour diverses raisons (modes de concertation, rapports de force), parfaitement illusoire. Les autorités ne jugeront pas nécessaire de le remplacer.
1983. Une pétition protestant contre l'absence d'artistes au sein de cette Commission, signée par un certain nombre de professeurs des Beaux-Arts et d'élèves, reste sans suite.
1983-84. Serge Bloch tente sans succès de faire cesser les restaurations de sculptures gréco-romaines du Louvre.
1986. La chapelle Sixtine. Toute la partie du travail de Michel-Ange exécuté « a secco », en grisaille, maintes fois restaurée dans le passé, est cette fois carrément supprimée pour découvrir le travail préalable « a fresco ». Un texte, signé par de nombreux artistes et personnalités, demande la suspension des travaux. Il n'est suivi d'aucun effet.
1989. Début de la restauration des Noces de Cana. Le programme est sensationnel : pour une somme considérable, un des plus grands et célèbres tableaux au monde sera complètement « purifié ».
1991. Choqué par l'extrémisme des interventions de décapage en cours, Jean Bazaine, entouré d'autres artistes, envisage la création d'une association (Jean Bazaine avait, dans le passé, animé un mouvement de protestation analogue qui permit de sauver les vitraux de la Cathédrale de Chartres, menacés par de malencontreuses restaurations).
M. Jacques Sallois lui écrit le 1er Août : « Il va de soi qu'une fois votre association constituée, un mode de concertation entre la commission de restauration et les délégués de l'association pourrait être envisagé ».
1992. Création de l'ARIPA. Infructueuses tentatives de dialogue au sujet des Noces de Cana. La direction des Musées de France fait savoir qu'en raison des accords passés avec l'entreprise mécène de la restauration, « aucune explication ne sera fournie avant l'ouverture de l'exposition ».
Juin 1992. Noces de Cana. Mal conçues, les installations de ventilation (nécessaires à l'évacuation des vapeurs de solvants utilisés pour la restauration) laissent pénétrer l'eau d'un orage dans la Salle des Etats du Louvre. Trempée, alourdie par l'eau, l'immense toile des Noces de Cana s'écroule et se crève pendant que l'on essaie de la hisser pour la faire sécher. Il faudra six mois de restauration supplémentaire, toutes portes closes (la restauration devait avoir lieu « en public ») pour recoudre et masquer ces déchirures (accident qui a finalement moins endommagé le tableau que l'ensemble des opérations menées délibérement sur toute sa surface).
Septembre 1992. Texte de l'ARIPA demandant un moratoire et un débat public sur les problèmes de la restauration.
| Les principaux signataires |
Depuis septembre 1992, plus de deux cents signataires nous soutiennent :
Rémy Aron. Balthus. Paul Baudiquey. James Bayle. Jean Bazaine. Pce Laure de Beauvau-Craon. James Beck. René Belletto. Alain Blondel. James Bldé. Yves Bonnefoy. Jacques Bony. Alain Bosquet. Maurice Breschand. Robert Bresson. Pierre Bulloz. Pierre Cabanne. Elisabeth Caillet. Jean Cardot. Pierre Carron. Edmonde Charles Roux. Christo et Jeanne-Claude. Louis Clayeux. Julien ClayÝ. André Comte-Sponville. Jean Courthial. Leonardo Cremonini. Jean DastéÝ. Christine de Guerville. Catherine de Seynes. Michel Deguy. Jean Delannoy. Jean Desailly. Deverne. André du Bouchet. Georges DubyÝ. Jacques Dupin. Henri Dutilleux. Jean Dutourd. Georg Eisler. Jean-Michel Folon. Georges Formentelli. Marc Fumaroli. Julien Gracq. André Green. Jean-Pierre Greff. Simone Gröger. Luigi Guardigli. Carlo Guarienti. André Heinrich. Jean-François Jaeger. Georges Jeanclos. Jacques Kerchache. Pierre Klossowski. François Lallier. Marc Le Bot. Pierre Le Cacheux. Philippe Leburgue. Jean Leyris. Pierre Leyris. Gérard Macé. Daniel Marchesseau. Raymond Mason. Gregory Masurowski. François MatheyÝ. Yehudi Menuhin. Judith Miller. Philippe Noiret. Maurice Novarina. Clémentine Odier. Olivier O. Olivier. Geneviève PiconÝ. Christian Pouillon. Henri Raynal. Maurice Rheims. Marc Riboud. Paul Ricoeur. Claude Roy. Charles Sacchi. André Sarcq. Toti Scialoja. Claude Simon. Marcel Siret. Pierre Skira. Gustave de Staël. Sam Szafran. Lap Szé-to. Jean TardieuÝ. Jacques Tiné. Jean-Max Toubeau. Etienne Trouvers. Paolo Vallorz. Xavier Valls. Vieira da SilvaÝ. Jean-Noël VuarnetÝ. Guy Weelen. Zao Wou Ki. Fred Zeller...
|
|
rejoignez-nous